Dożywotnio.

Histoire... En voilà une.

Ce n'est pas une fiction sur un groupe de musique ou quoi que ce soit, ni une biographie, et encore moins une auto-biographie.

Je n'aurais pas la prétention de la dire spéciale, mais j'espère que tu prendras autant de plaisir à sa lecture, que j'en ait pris à son écriture.

J'écris cette histoire car j'ai le besoin d'écrire.
J'écris pour vivre.
Et qui sait... Pour te faire vivre.

Cette histoire, c'est celle d'une vie, ou du moins d'un bout de vie...
Je ne t'en dit pas plus...

Si tu as des questions elles sont les bienvenues, comme tout avis ou critiques [constructives s'il vous plaît...]. Alors ne te gènes pas.

Chaque dessins et textes publiés sur ce blog sont produits par moi-même, je vous demanderais ainsi d'en respecter la propriété.

# Posted on Sunday, 10 August 2008 at 10:39 AM

Edited on Tuesday, 26 August 2008 at 7:11 AM

- I -

- I -
[ 10.07.2008 - 1h42 ]

Paumé. Oui c'est bien là le mot... Le bruit sourd des basses qui résonne dans la boîte. Les lumières qui m'aveuglent, éclairent mon visage de manière périodique. Les effluves d'alcool et de sueur qui brûlent mes narines. Le son assourdissant qui frappe mes tympans. Le beat entraînant qui me rend à demi-conscient.
Elle est là, à quelques mètres de moi, ses cheveux bruns virevoltants... La lumière stroboscopique qui les fixe au rythme de la musique.
Je la hais... Elle ne se doute de rien, s'abandonne à l'inconscience. Si seulement savait-elle ce que cela signifiait... Ces quelques minutes qui s'étaient écoulées, semblant d'une éternité.
Ces bras frêles dont elle m'avait entouré. Ses yeux sulfureux qui se posaient sur mes traits.
Ses doigts fins qui glissaient sur ma nuque, m'arrachant coupables frissons. Ce vide qui nous entoure, enveloppant soudain la foule. Rien qu'un Nous et tout le reste devient flou...
Elle joue, moi je souffre. Je la quitte et me laisse tomber sur cette banquette d'un rouge velours où je me tiens désormais. L'émeraude de mon oeil qui la fixe, une longue mèche platine qui me fend le visage. Finalement je la hais moins que je l'aime... Cette seule prise de conscience suffit à m'abattre. L'amour est interdit là où il y a le mot ami. Me faisant violence moi-même, je me laisse aller au rythme minimaliste de cette musique qui m'envahit.

-Hé !

...

-Alex !

Je tourne ma tête vers ce jeune homme, plutôt bien habillé, aux cheveux sombres et qui m'est si familier.

-Hé dis-moi, t'aurais pas confondu ton verre de Coca avec la Vodka ! Continue-t-il, un sourire goguenard, placardé sur son visage dégagé.

-Hum... Nan nan, c'est juste que Mélina...
-Quoi ?! Crie-t-il en approchant son oreille de mon visage.
-Nan rien, laisses tomber...
-Hé tu vas pas faire la gueule alors que c'est le grand soir... TON soir !
-D'ailleurs en parlant de ça... Je sais pas trop... Je sais pas si je vais assurer...
-Hé tu t'fous de moi là ?! Tu vas pas commencer à douter ! On attend ça depuis des mois alors c'est pas l'moment d'abandonner, ok ?! Et puis on sait tous que tu vas gérer !
-Ouais t'as raison... Je dis d'un air peu convaincu mais légèrement rassuré.

Il prend le magnum et déverse généreusement l'alcool dans un verre normalement consacré aux boissons non-alcoolisées. Je souris à moi-même. Quel poivrot ce Raphaël quand même...

-Hep ! Tu crois pas qu't'abuses un peu là ?!

Florian apparaît, une chemise noire satinée à, demi-ouverte, laissant apparaître un torse assez développé.

-Attends c'est Alex qui m'a donné sa part, il a aussi l'droit à son verre lui ! Mais bon, il s'en passera pour ce soir, hein Alex ?
-Hum... Sans même daigner le regarder, me concentrant à nouveau sur la belle brune qui continuait à danser.
-Hoho ! Tu m'as pris pour un dindon là ! Ce verre il appartient autant à moi qu'à toi. Tout l'monde sait ici que Père Aleksander ne s'abaisse pas au fait des substances enivrantes, n'est-ce pas mon Père ?
-Oui mon Fils, en bon chrétien que je suis. Je lui réponds, un sourire niais collé à mes lèvres.

Coupant court à tout enfantillage, un vigile s'approche, me faisant signe de la main.
Mon c½ur s'accélère soudain. Revenant à la réalité, je sens mon ventre qui commence à se nouer.

-Allez ma poule ! Fais-nous rêver ! Lâche Florian dans un clin d'½il.
-Et oublie pas ! C'est toi la star ce soir ! Reprends l'autre, en me tapant l'épaule.

Je me lève. Quelques vertiges dus à l'effet stroboscopique. Je m'avance vers une porte dissimulée dans un mur vers lequel le vigile se dirige.
Il ouvre la porte et trouve l'intelligence de me lancer :
-Allez mon p'tit ! Si ça marche pas, t'inquiètes pas, ils te reprendront pas... Rires gras.

Faisant mine faussement réjouie, je me force à lui coller un sourire des plus hypocrites.
Je montes les quelques petites marches pour arriver sur le podium réservé aux deejays.
Là, un homme massif d'une petite quarantaine se lève à mon entrée et m'accueille, bras ouverts :
-Et voici notre deuxième p'tit poulain pour cette année !

Je souris maladroitement.

-Allons ! Il se rapproche de mon oreille. Crois-moi, après lui, on peut pas faire pire... Me murmure Laurent, le responsable de la boîte.
Il se redresse et me lance un clin d'½il discret.

Je jette un coup d'½il en hauteur, dans le rabaissement de la cabine, où je peux voir l'horloge numérique et les 2h du matin qu'elle affiche.

C'est le moment ! Je lâche un bruyant souffle et me dirige vers la table de mixage où un jeune homme s'affaire, dos à moi.
Je perçois mon imposante pochette CD, laissée au préalable, et m'avance jusqu'à ce que celle-ci soit à portée de main.
Je l'ouvre, et trouve rapidement le 2 CDS recherché.
Le jeune homme abandonne les platines, l'air penaud, et me fait signe de tête en guise d'encouragements.
J'insère les CDS.

Je peux entendre le jingle tant attendu, lancer d'une voix féminine :
“ Deejay Aleksander... Live! ”

J'arrive à discerner les quelques cris de mes amis.
Et je peux enfin toucher les boutons de la magnifique table qui s'offre à moi.

Une montée d'adrénaline.

Je réussis avec succès une transition des plus subtiles.
Un son crescendo, un vocal masculin sud-africain, un cri, silence, et dans la foulée j'augmente les basses...
Les bras se lèvent, quelques cris, appréciateurs du son lancé.

Enfin !
Les doutes s'enfuient, laissant place à l'excitation doublé de concentration.
Une oreille collée au casque que j'ai coiffé, la musique m'enivre et prend possession de mon être. Mouvements de têtes, je jette un bip, décrescendo. J'assourdie le beat, et lance un autre vocal, des plus entraînants. Un court calme s'empare de la salle, bruit strident, retour des basses. Un son assourdissant. La foule devient folle, n'étant plus qu'une masse colorée, des bras s'entremêlant aux autres.

Je bois une longue gorgée du verre d'eau posé à la droite de la table.
Je sens cette goutte de sueur due plus à la peur qu'à la chaleur...
Je cherche une piste, joue avec les aigus.

Et d'entre tous je la vois.
Plongée dans les bras d'un autre.
Lèvres assemblées.

Syncope.
Arrêt sur image.
Lourd vertige.

Je sens le sol se dérober, des bras me rattraper.
Je reprends doucement mes esprits.
J'entends la voix de Laurent qui me demande si je vais bien.
Une migraine s'empare de moi.
-Oui ça va merci... Ca doit sûrement être la chaleur...
-Allez bois un coup ! T'es sûr que ça va aller ? On a notre dj résident qui est présent, donc si tu te sens pas...

Conscient de la situation et de cette chance qui ne s'offrira pas à moi deux fois, je me redresse et hoche la tête, signe que tout va bien.
Je reprends les commandes, parcoure la salle du regard et ne l'aperçois pas...

# Posted on Sunday, 10 August 2008 at 10:42 AM

Edited on Tuesday, 26 August 2008 at 7:09 AM

- II -

- II -
[ 11.07.2008 ]

Je subis l'amour.

Victime assoupie, en proie aux rêveries...

Son visage qui me hante, et cet amour qui me tente.

Ces doux rayons qui se déversent sur ma peau. Mes yeux qui s'ouvrent, doucement, calmement.
La lueur du jour qui traverse la fenêtre, éclaire tout mon être.

Je tourne la tête et aperçoit le cadran noir du réveil.
13h08.

Je me prélasse encore quelques instants, tout emmêlé de draps blancs.
Je finis par me relever et saisir mon portable, posé sur la table de nuit.
Je l'allume, compose presque inconsciemment les numéros clés. A peine activé, le téléphone vibre 3 fois, et affiche un message non-lu.

De : Flo
11 Jui. 2008 13 :09
« Allez debout ma poule ! Rejoins-nous chez Raph, on va à la plage. Et encore bravo pour hier ;) ! »


Je me laisse lourdement retomber sur le lit, et lâche un soupir. Baillements.



Point de vue de Florian :

Sa tête posée sur mes genoux, je démêle ses doux cheveux bruns. Son rire résonne dans la chambre, pendant que Raphaël continue ses pitreries.
Allongé sur le lit encore défait, distrait. Je glisse mes doigts entre ses mèches, les yeux posés sur le creux de son cou dégagé. Cette envie qui me crie de l'embrasser. Bien que dans une position des plus inconfortables, je n'ose pas bouger, savourant chaque instants à ses côtés.
Il est 14h lorsqu'il entre dans la chambre, un tee-shirt fleuri décolleté et un jeans assez serré. Ses longs cheveux d'un blond presque blanc pourfendant les doux traits d'un visage fin, au regard des plus vert. Alex s'avance, frappe dans la main de Raphaël. Je sens son regard s'attarder sur Mélina, puis sur moi.



Point de vue d'Aleksander :

[]

Etendu sur le sable, rêvant au flux et reflux des vagues, les autres m'entourent, parlent et rigolent. Et pourtant je suis si seul.
Seul avec mes peurs. Seul avec moi-même. Livré au reflet de mes regrets.
Cette solitude, assassine tentatrice, m'emplit de doutes et d'angoisses.

-Aïe ! Je reçois ce tube de crème solaire en pleine tête.
Hé mais t'es pas bien ?! Léger sourire.

Je jette un coup d'½il autour de moi et constate que les deux autres sont allés se baigner.

-Allez arrêtes de ruminer et rends-toi utile... Passe-moi de la crème.

Elle me brûle du regard, un étrange sourire figé sur ses fines lèvres.

A cheval sur son dos, j'étale quelques noisettes de crème.
Je passe mes mains sur sa peau. Je peux la sentir vivre.

-Tu sais masser ?

Je ne réponds pas.
Mes mains, désormais plus vigoureuses, s'empare de sa peau, l'empoignent et la massent.
Elle soupire à chacune de mes caresses et m'arrache des frissons de tendresse.
Mes doigts s'arrêtent au contact du haut de son maillot.

-Détaches-le.

Un moment d'hésitation, en proie à l'appréhension, puis la résignation... Je cède à la tentation.
Je délie doucement les ficelles.
Son dos entièrement nu, ses cheveux aux vents, fouettant son visage allongé de côté.
Ses regards furtifs qu'elle me jette.
Ne voulant pas trahir mon intérêt, je décide qu'il en est assez.
Je retourne sur ma serviette, elle me remercie d'un sourire, ses yeux à demis-clos.
Je m'allonge, décidé à retourner dans mes pensées.
Je la sens monter, à son tour, sur mon dos.
Elle rapproche sa tête de mon oreille. Son doux souffle qui me brûle de désir.

-Tu croyais quand même pas t'en tirer comme ça... ?

Je peux sentir ce sourire empreint de malice.
Elle pose ses mains sur ma peau.
Chacune de ses caresses est une torture pour mon âme.
Je sens son regard qui m'épie, à la recherche de la manifestation d'un quelconque plaisir.
Ses doigts qui s'attardent sur la chute de mes reins.
Je souffre en silence, Elle, joue avec mes sens

Encore une fois elle s'approche de mon visage, plus près...
Son souffle, si proche, qui caresse mes lèvres.

-Alors... Comment ça se présente... ?

Elle s'amuse de ce jeu.

-Et toi, comment c'était avec ce gars hier ? Je réponds froidement.

Ses mains s'arrêtent, comme glacées, tel que ce silence qui s'empare de l'atmosphère.
Elle empoigne mes hanches. Je me retournes. Désormais face à face, elle glisse sa bouche dans le creux de mon cou, y dépose un baiser. Elle parcoure mon torse de ses mains, ses doigts qui courent comme ce désir qui m'envahit.
Elle avance son visage. Nos lèvres qui se touchent presque.
Elle murmure :

-Décidément t'as encore tout gâché...

Elle se redresse brusquement, et s'en va, me laissant là. N'ayant plus que ce silence pour seul compagnie.
Je reste interdit.
Cette scène qui ne cesse de se rejouer sur le plancher de mes pensées.
Toutes ces questions qui se bousculent, tels ces grains de sables qui se battent contre ce vent si violent. Insaisissable.

Quelques minutes plus tard, je peux voir ces trois têtes si familières émerger des dunes et s'avancer vers moi.
Florian, portant Mélina.
Elle, riant aux éclats.
Arrivé à ma hauteur, Raphaël me lance :

-Pourquoi t'es pas venu te baigner ? Elle est super bonne et on a bien rigolé.
Je hausse les épaules.
-Pas très envie...
-Oh ! Tu nous couverais pas une dépression là ?! S'écrie Florian.
-Nan, c'est seulement que je suis un peu fatigué...
-Avec la soirée que tu nous a fait passé t'as sûrement l'droit !
-Ouais. Tu nous a régalé, et puis t'as entendu Laurent, il te reprend la semaine prochaine ! Notre petit Aleksander, le futur DJ star ! Haha, tu nous oublieras pas hein ?!
-Et tu m'as promis une maison à Hawaï quand on avait 7 ans !

La remarque réussit à m'arracher un sourire. Les rires éclatent, redonnant à cette ambiance glaciale un petit peu de chaleur.
Seul Mélina, reste silencieuse, à demi-étendue sur Florian, jouant avec sa main.
Elle me fixe sans ciller, me lançant un regard des plus froids.

Décidant de ne pas prêter plus attention à elle, je me joins aux rires qui animent la conversation.



Point de vue de Florian :

Je fais mine de ne pas remarquer ses doigts qui s'entremêlent aux miens. J'ignore son c½ur que je sens battre contre le mien. Je suis loin. Loin de tout. En compagnie de mes désirs, au palier des plaisirs. Je referme ma main sur la sienne, caresse de mes doigts sa douce peau nette. Elle me rend la pareille, tous mes sens qui s'éveillent...

-Flo !
-Hum... ?
-Tu l'as pris la tente ?!
-Quoi ?! Sueur froide.
-Nan... Ne dis pas que t'as oublié...

Je saisis ma tête à deux mains.

-J'ai y complètement pas pensé ! T'aurais dut me le rappeler !

Me rendant compte de mon manque de maturité, je m'excuse.

-J'suis vraiment désolé ! J'ai complètement zappé...
-T'abuses là ! On fait 1 heure de car pour venir jusqu'ici, et toi, t'as oublié la tente ?!

Aleksander s'esclaffe.

-Tu trouves ça marrant toi ?!
-Heureusement que j'ai apporté la mienne...
-Hallelujah ! Oublie la maison à Hawaï, là, t'as carrément assuré !

Quelques rires.

-Héhé ! Attends t'affoles pas, ma tente c'est une deux places...

Les rires s'éteignent aussi brusquement qu'ils ont commencé.
-Aïe...
-Bon, ce qui veut dire, deux qui dorment à l'intérieur et les deux autres à la belle étoile...
-Moi ça me dérange pas de dormir dehors... Je dis d'un air détaché, histoire de me faire pardonner...
-Bon, étant donné que c'est ta tente, et par soucis de galanterie, tu dors avec Mélina.
-Nan, c'est bon vas-y ! S'écrie précipitamment Aleksander. Un peu d'air frais me fera le plus grand bien...
-Non, j'veux pas subir les ronflements de Raph moi...
-Oh t'exagère! Je ronfle pas si...
-Alex dort avec moi. Le coupe sèchement Mélina.



Point de vue d'Aleksander :

Sa dernière phrase me fait l'effet d'une douche froide. Incompréhension...


La tente finalement monté, je pénètre à l'intérieur et constate, à mon grand désarrois, l'étroitesse de l'endroit. Pas plus d'espace qu'un lit 1 place, et encore...
Dehors, l'odeur des chamalows grillés me chatouille les narines.
Raphaël s'était chargé d'allumer un petit feu de camp.

-Alors toi par contre, quand il s'agit de ton bide, t'oublie rien !
-Héhé ! A vrai dire, c'est plutôt mon cerveau qui fait que j'oublie rien. Mais bon... Quand il est plus irrigué par l'alcool que par le sang, je comprends tes difficultés... Rétorque Raphaël, un grand sourire collé aux lèvres.

Je ne peux m'empêcher de rire.
-Haha ! Coup bas... Mais bon... Raphaël, c'est toi qui parles... ?

Les deux jeunes bruns s'observent quelques instants et s'élancent soudainement vers moi.

-Haha ! Allez arrêtez les gars, c'était pour rigoler...
Je me sens transporté jusqu'à la rive. Un léger vol plané, et c'est dans l'eau glaciale que je finis par m'écraser.

-Alors, t'as fini par la goûter cette eau !
Les deux amis rient à s'en tenir les hanches, lorsque je ressors, trempé de la tête aux pieds.

-Haha... Semblants de rires. Et maintenant comment j'fais pour dormir ?! Je réponds froidement.
-Bah... T'auras qu'à demander à Mélina de te réchauffer...! Me lance Raphaël, une lueur, on ne peut plus sadique, animant ses yeux..

Les rires reprennent.

Je continue à m'avancer vers la tente, et saisit ma serviette étendue par terre.
Je me sèche quelque peu. Et pénètre dans la petite tente.

Il devait être un peu plus de 2h du matin lorsque j'étais allongé dans la tente, n'ayant plus qu'un short de bain en guise d'habit, étroitement collé à elle.
Nous étions tous deux étendu sur le dos, le regard comme captivé par la toile de tente.
Mélina, qui ne m'avait jusqu'alors plus parlé, commence :

-Tu sais quoi ?
-Quoi ?
-L'autre soir, avec ce gars...
-Ouais...

Elle se redresse et m'observe calmement.

-C'était plus que bon.

# Posted on Sunday, 10 August 2008 at 4:11 PM

Edited on Tuesday, 26 August 2008 at 7:03 AM

- III -

- III -
Point de vue de Mélina :

[ Flashback 10.07.2008 - 1h31 ]

La fête bat son plein. La chaleur est presque insoutenable. Le son me transcende, je me laisse transporter par ses basses, désormais seules maîtres de mon corps.
Il m'obsède. Dansant devant moi, il me provoque de tous ses mouvements. Son visage fin que je rêve de caresser, ses lèvres qui me crient de les embrasser, ses mains que j'espère un jour liées.
Je m'avance vers lui, son corps collé au mien.
Ce rythme qui nous fait vibrer...
Je passe ma main autour de son cou, ses fins cheveux blonds retombant sur mes doigts.

[]

Il se dérobe. Me fuit. Cet amour que je lui offre, il le froisse et le jette.
Blessée, j'ai quand même ma fierté. Je continue malgré tout à danser, semblant de rien, mais ce c½ur qui me fait si mal, je ne peux l'ignorer. J'essaie d'oublier, mais c'est son refus qui me hante, qui me déchire de l'intérieur.

Je l'observe, assis sur cette banquette rouge, je fais mine de ne pas remarquer ces regards qu'il me lance. Les deux autres le rejoignent. Il s'en va.

Ce jingle qui fait résonner son nom. Quelques amis qui crient d'enthousiasme.
Cet homme qui ne se gène pas pour me reluquer. Complètement bourré.
Soudain, je ne sens plus que sa bouche imprégnée d'alcool mêlée à la mienne. Cette odeur qui m'éc½ure... Je réussi finalement à me libérer de son emprise et me précipite vers la sortie. Il me suit.
Ce violent courant d'air frais qui parcoure mes jambes lorsque j'atterris dehors, à l'entrée de la boîte. Il débarque, me saisis d'une main par le coup pendant que l'autre remonte le long de ma cuisse. Je crie, essaie de me débattre.

Il n'est pas là.

C'est lui qui finalement arrive.
Un jeune homme plutôt beau, une chemise noire satinée à demi-ouverte, se précipite vers l'homme qui me retiens. Violent coup de poing. L'homme saoul s'écroule sur le sol, inconscient. Florian s'approche de moi, et me prend dans ses bras. Je le serre, désirant m'échapper, loin de Lui, loin de mes peines, loin de ce Tout infernal. Ces larmes de rage qui me brûlent les joues. Je désire me vider de cet amour qui me ronge, me détruit...

-Tout va bien...



Point de vue d'Aleksander :

[ 12.07.2008 ]

Je n'ait pas dormi de la nuit. Je ne cesse d'y repenser. Cette phrase qui a suffit à m'abattre.
Je suis brisé. J'espérais que... A vrai dire, je ne sais pas trop ce que j'espérais. Cet espoir, je le hais. Comme elle... Qu'elle aille au diable ! En tout cas, moi, j'y suis déjà...
Cet amour c'en est fini. Je tire un trait. Ce jeu auquel je n'ait plus la force de jouer, je l'abandonne. Cet amour m'a détruit plus qu'il n'a construit. Tous ces beaux couples bien clichés, je n'y suis sûrement pas destiné. Ces mains qui se tiennent, ces lèvres qui s'entremêlent, cet amour qui les unit, je voudrais leur voler ! Ils ne le méritent pas. A leur tour de morfler.

Je ne suis qu'un égoïste...

Cette peur d'être seul... Finalement je l'ait toujours été...
Tout m'a été dérobé.
Cette s½ur décédée.
Cette mère qui m'a quitté. Et mon père avec, inconsciemment...
Et maintenant c'est à mon c½ur d'y passer...
Ils m'ont tous laissé.
J'aimerais pleurer. Me soulager de toutes ces peines qui m'entretiennent.
Mais ce destin m'a encore volé... Il m'a volé ces larmes que je rêve de laisser couler...

# Posted on Sunday, 17 August 2008 at 9:46 AM

Edited on Tuesday, 26 August 2008 at 6:56 AM

- IV -

- IV -
[ 12.07.2008 - 13h41 ]

-Allez on y va !

Nous venions de finir de ranger les quelques affaires éparpillées sur la plage, nous apprêtant à prendre le car de 14h. Nous avions tous peu dormi, et nos mines encore embuées par le sommeil laissaient à désirer.

Arrivés à l'arrêt, Florian s'exclame :

-Hé ! Ma mère est pas à la maison ce soir, et ma s½ur fait une fête avec quelques amis. Ca vous dit de passer la nuit chez moi ?

Chacun approuve, mais pas très enthousiaste.

-'Y aura de l'alcool.
-Encore heureux ! Réplique Raphaël.

Le car arrive alors, et nous montons nous asseoir, Mélina à côté de Florian, et moi-même aux côtés de Raphaël.
Après dix minutes d'un trajet plus ou moins silencieux, Raphaël commence :

-Changes toi les idées.
-Quoi ? Comment ça ?
-Arrêtes d'y penser. Je sais très bien ce qui cloche chez toi en ce moment...
-Non, non ! J't'assure, je vais bien !
-S'il te plaît, 'me prend pas pour un âne... Ca fait bientôt 15 ans que j'te connais, alors tu me la fais pas à moi...
-...
-Une fête c'est bien l'occasion de ne plus y penser.
-... Je réfléchis quelques secondes. Ouais, t'as raison, dis-je d'un ton assuré.

Le trajet se fit dans le silence, parsemé de quelques bribes de conversation.
Arrivé chez moi, aux alentours de 17h30, je montes rapidement dans ma chambre jetant, au passage, un bref « Salut ! » à mon père, assis sur le canapé fixant le poste de télévision allumé dans l'obscurité de la pièce. Comme à chaque fois, c'est à peine si j'entends un son sortir de sa bouche en guise de réponse.
J'ouvre la porte, me déshabille et entre dans la petite salle de bain.
Les quelques gouttes d'eau, encore froides, qui m'éclaboussent les pieds m'arrachent quelques frissons.
Je suspend le pommeau de la douche et l'eau, maintenant chaude, coule à flot le long de mon corps. Elle est presque brûlante et me vole des soupirs de plaisirs. Les yeux fermés, je pourrais y rester une éternité, me laissant aller au bruit de cette eau qui coule et noie mes soucis...

(1) message non-lu :

De : Flo
12 Jui 2008 18 :43
« Ouè Alex, dsl de te prévenir si tard mais c'était pour savoir si tu pourrais t'occuper un peu de la musique ce soir... ? : ) »


« No probs' bro' ;) ! »


« Merci ma poule, t'sais que je t'aime hein! ;D »

Après m'être séché, j'enfile un boxer, des chaussettes, un léger slim noir, une chemise d'un violet particulièrement foncé. J'en détache les 3 premiers boutons et ajuste, par dessus, un long collier noir de jais. Déodorant. Parfum. Je sors de la chambre, dévale les escaliers.

-A d'main 'Pa ! Et t'couches pas trop tard.


Il est 20h lorsque je toque à la porte. Le son est déjà fort et retentit à travers les murs de la maison. J'attends quelques secondes et décide d'entrer. La porte que j'ouvres donne l'impression de libérer la musique qu'elle essayait de retenir. La demeure baigne dans une douce lumière orangée. Il y a déjà du monde, pour la plupart, des gens que je ne connais pas.
J'avance dans la maison, croise quelques regards, quelques bises par çi et par là.
J'arrive dans le salon déjà sombre, j'observe quelques instants le 'deejay'. Un amateur au style très commun, sans aucune originalité, et qui laisse franchement à désirer... Rah... Je prendrais pas un peu la grosse tête moi ?! Quelque peu égaré dans mes pensées, une main vient tapoter mon épaule. Je tourne la tête et voit une belle brune, assez banale et déjà bien amochée...

-Salut ! Tu m'as l'air un peu perdu toi... Gloussements. Viens j'vais te montrer le chemin... Elle s'empare de ma main et tente de m'entraîner vers elle.
-Merci mais ça va... Je me dégage de sa main.
-Allez viens, on va s'amuser ! Elle est maintenant accrochée à mes bras et me regarde de ses yeux embués par l'alcool ou je ne sais quoi d'autre.
-Laisses-le tranquille Anaïs, et va décuver un peu plus loin...
Une jeune fille aux cheveux blond vénitien me libère des bras de l'autre.

-Salut Cléa !
-Ca va Alex ? Me lance-t-elle dans un sourire.
-On fait allez. Je lui rend son sourire.
Elle rigole.
-Alors, comment c'était cette nuit à la plage ?
-Bah... Si j'étais capricieux, peu confortable et froide, mais puisque je ne le suis pas, on va dire que c'était...instructif.
-Haha ! Où vous avez dormi puisque Flo avait oublié la tente ?
-Ben... Mélina et moi dans la mienne et les 2 autres dehors. Mais comment tu sais que...
-Ben peut être parce que je suis sa s½ur et que j'ai trouvé ce matin la tente, dans le couloir, à l'étage... Grand sourire.
-Désolé, je suis un peu à la ramasse, j'ai pas beaucoup dormi...
-Comment ça... ? Toi et Mélina... ?
-Oh non non !! Je m'exclame. Non c'est seulement qu'il faisait froid, et je sais pas... Pas très envie de dormir...
-Ok ok !
-Et toi, alors tous ces gens sont tes potes ?
-Hum... Nan pas vraiment. Comme on dit, les amis de mes amis sont mes amis.
Rires.
-Et l'autre, c'était qui ?
-Oh... Une copine du lycée, Anaïs, elle a toujours eut un faible pour toi. En général, elle est assez timide, mais l'alcool fait des ravages... Haha !
-Tu devrais le dire plus souvent à ton frère... Mais dites-moi, vous avez l'âge de boire de l'alcool vous... ? Je dis en la narguant d'un sourire.
-Oh c'est pas parce que t'as un an de plus qu'il faut te sentir grand, hein ?! Clin d'½il.
-Héhé ! Mais moi je suis majeur, quant à toi...
-Haha... Air désabusé. Tout de façon, moi, j'ai pas ce problème. L'alcool m'écoeure.
-Bienvenue au club ! Même si moi c'est plus par principe... J'aime pas que le fait d'avaler une substance ne me rende plus maître de moi-même...
-Hey Bloooooonde !
La joyeuse frimousse de Florian met terme à la conversation.
-Quoi, toi aussi t'es bourré ?!
-Oh mais point du tout ! Plus sobre 'y a pas. Et j'pensais qu'après tant d'années tu saurais reconnaître quand je le suis...
-Tu as les yeux embués, à demi fermés, tu es légèrement transpirant et finit tes phrases par de pitoyables petits jeux de mots... Je répond impassible, un léger sourire assuré au coin des lèvres.
-Qui te permet de juger mes sublimissimes jeux de mots ? En plus ils ne sont en aucuns cas pitoyables... N'est-ce pas Cléa ?
-Non...
-Ah ! Tu vois !
-...Plus que pathétiques...
- Merci Clé... QUOI ?!
Rires.
-Bon, vires moi ce clanpin et montre nous ce que c'est qu'un vrai deejay !
Il me tapote l'épaule et se rue vers les deux filles, plutôt pas mal, qui viennent de pénétrer dans la salle.
-Halala... Tu pense qu'il grandira un jour... ?
-Haha... La question ne se pose pas.
-Bon ! Bref soupir. Ben moi j'vais aller vous régaler les oreilles... Je lui lance un clin d'½il.
-A plus tard... Petit signe de la main.

Arrivé devant la table de mix', je dépose ma sacoche de cds et me frotte les mains, la mine réjouie.
L'autre 'deejay' me dit qu'il était dans la boîte jeudi soir, que c'était « énormissime » et que j'allais « sûrement devenir la star montante du deejaying ! ».
Je lui répond d'un sourire, plus désabusé qu'heureux de toutes ces flatteries.
Ca faisait déjà 2 jours que je n'avais plus touché une table de mix'. Soupir de soulagement.
J'insère un cd, la musique commence, et dans le même temps, j'en recherche un autre. Je fais à Florian d'éteindre les lumières de la salle déjà pleine. J'allume l'imposant stroboscope, le laser et quelques discrètes lumières colorées. Le rythme de la musique imprègne la salle. Le strobo' découpe chaque mouvement de la foule. Dans le silence musical, je lance un de mes vocals préférés, sous fond d'une rythmique brève et très prononcée. La mélodie arrive en même temps que j'actionne la machine à fumée. L'arrivée des basses secoue la foule et les bras se lèvent soudain se meuvent au rythme des lumières. Grande poussée d'adrénaline.
La musique me procure un effet, en temps normal, procuré par les drogues ou l'alcool.

Il est presque 3h du matin lorsque je cède la place au deejay du début de soirée, complètement épuisé.
Je rejoins Florian, qui est en pleine conversation avec Raphaël, les deux rigolent, un air niais collé à leurs visages. Je devine qu'ils ont, tous deux, trop bu.
Florian se tourne vers moi :
-Heyy Mister DJ !
Je ne peux m'empêcher de poser la question qui me brûlait les lèvres depuis déjà des heures.
-Mélina n'est pas venue ?
-Ho ! Avec la dernière fête qu'elle a passé ça m'étonne pas !
-Comment ça ? Je demande, intrigué.
-Quoi ? Elle t'as pas raconté ?
-Si j'te demande...
-Ben tu sais... Jeudi, quand t'as mixé...
-Oui ! Quoi ?! Légèrement irrité.
-Ben 'y a un gars qui l'a embrassé tu vois... Il était complèt'ment bourré. Et puis, il a voulut la violer, l'enfoiré ! Mais Super Florian est arrivé à la rescousse !

Je n'entends plus ce qu'il dit. J'ai l'impression que le sang qui anime mon corps est soudainement devenu froid. Je me souviens des paroles que j'ai osé prononcé la veille.

« Et toi, comment c'était avec ce gars hier ? »

L'écho de cette phrase me transperce. Je repense à tout. Tout ce qui a été dit prend maintenant tout son sens.

« Décidément t'as encore tout gâché. »

Je ne me suis jamais senti aussi bête... Tout est de ma faute. Tout, sans exceptions.

-Hé Alex... Qu'est-ce qui t'arrives, t'es tout blanc là... ?

Je ne répond pas, les yeux dans le vide.

-Alex ! Petite claque. Florian est debout, la tête penchée vers la mienne.
-J'ai merdé... Je murmure.
-Quoi ?
-J'ai merdé.
-Comment ça ?
Quelques pas en arrière. Je lui lance, déjà à quelques mètres de lui :
-Rien, 'faut que j'y aille ! J't'appelle plus tard !

Je me retourne et traverse précipitamment la foule. Je cours presque lorsque je croise le regard de Cléa. Elle avance d'un pas vers moi :
-Tu veux danser ? me lance-t-elle, le sourire aux lèvres.
Je la dépasse déjà.
-Je suis désolé, j'peux pas là... Une autre fois. Je lui répond, une grimace d'excuse taillé sur mon visage.

J'arrive à la porte d'entrée, l'ouvre et la referme derrière moi d'un violent claquement.

Chaque minute qui passe semble accélérer ma course. Comme si à chaque seconde qui s'écoulait, l'erreur devenait plus irréparable encore. Je courais dans la nuit, et pourtant, mon esprit, lui, n'avait jamais été aussi clair.
Je voulait m'excuser, la serrer dans mes bras, lui dire que tout était de ma faute, que je ne savais pas... Je voulais l'aimer.

# Posted on Monday, 25 August 2008 at 11:13 AM

Edited on Monday, 01 September 2008 at 3:39 PM