[ 11.07.2008 ]Je subis l'amour.
Victime assoupie, en proie aux rêveries...
Son visage qui me hante, et cet amour qui me tente.
Ces doux rayons qui se déversent sur ma peau. Mes yeux qui s'ouvrent, doucement, calmement.
La lueur du jour qui traverse la fenêtre, éclaire tout mon être.
Je tourne la tête et aperçoit le cadran noir du réveil.
13h08.
Je me prélasse encore quelques instants, tout emmêlé de draps blancs.
Je finis par me relever et saisir mon portable, posé sur la table de nuit.
Je l'allume, compose presque inconsciemment les numéros clés. A peine activé, le téléphone vibre 3 fois, et affiche un message non-lu.
De : Flo
11 Jui. 2008 13 :09
« Allez debout ma poule ! Rejoins-nous chez Raph, on va à la plage. Et encore bravo pour hier ;) ! »Je me laisse lourdement retomber sur le lit, et lâche un soupir.
Baillements.Point de vue de Florian :Sa tête posée sur mes genoux, je démêle ses doux cheveux bruns. Son rire résonne dans la chambre, pendant que Raphaël continue ses pitreries.
Allongé sur le lit encore défait, distrait. Je glisse mes doigts entre ses mèches, les yeux posés sur le creux de son cou dégagé. Cette envie qui me crie de l'embrasser. Bien que dans une position des plus inconfortables, je n'ose pas bouger, savourant chaque instants à ses côtés.
Il est 14h lorsqu'il entre dans la chambre, un tee-shirt fleuri décolleté et un jeans assez serré. Ses longs cheveux d'un blond presque blanc pourfendant les doux traits d'un visage fin, au regard des plus vert. Alex s'avance, frappe dans la main de Raphaël. Je sens son regard s'attarder sur Mélina, puis sur moi.
Point de vue d'Aleksander :Etendu sur le sable, rêvant au flux et reflux des vagues, les autres m'entourent, parlent et rigolent. Et pourtant je suis si seul.
Seul avec mes peurs. Seul avec moi-même. Livré au reflet de mes regrets.
Cette solitude, assassine tentatrice, m'emplit de doutes et d'angoisses.
-Aïe ! Je reçois ce tube de crème solaire en pleine tête.
Hé mais t'es pas bien ?! Léger sourire.Je jette un coup d'½il autour de moi et constate que les deux autres sont allés se baigner.
-Allez arrêtes de ruminer et rends-toi utile... Passe-moi de la crème.Elle me brûle du regard, un étrange sourire figé sur ses fines lèvres.
A cheval sur son dos, j'étale quelques noisettes de crème.
Je passe mes mains sur sa peau. Je peux la sentir vivre.
-Tu sais masser ? Je ne réponds pas.
Mes mains, désormais plus vigoureuses, s'empare de sa peau, l'empoignent et la massent.
Elle soupire à chacune de mes caresses et m'arrache des frissons de tendresse.
Mes doigts s'arrêtent au contact du haut de son maillot.
-Détaches-le.Un moment d'hésitation, en proie à l'appréhension, puis la résignation... Je cède à la tentation.
Je délie doucement les ficelles.
Son dos entièrement nu, ses cheveux aux vents, fouettant son visage allongé de côté.
Ses regards furtifs qu'elle me jette.
Ne voulant pas trahir mon intérêt, je décide qu'il en est assez.
Je retourne sur ma serviette, elle me remercie d'un sourire, ses yeux à demis-clos.
Je m'allonge, décidé à retourner dans mes pensées.
Je la sens monter, à son tour, sur mon dos.
Elle rapproche sa tête de mon oreille. Son doux souffle qui me brûle de désir.
-Tu croyais quand même pas t'en tirer comme ça... ?Je peux sentir ce sourire empreint de malice.
Elle pose ses mains sur ma peau.
Chacune de ses caresses est une torture pour mon âme.
Je sens son regard qui m'épie, à la recherche de la manifestation d'un quelconque plaisir.
Ses doigts qui s'attardent sur la chute de mes reins.
Je souffre en silence, Elle, joue avec mes sens
Encore une fois elle s'approche de mon visage, plus près...
Son souffle, si proche, qui caresse mes lèvres.
-Alors... Comment ça se présente... ?Elle s'amuse de ce jeu.
-Et toi, comment c'était avec ce gars hier ? Je réponds froidement.
Ses mains s'arrêtent, comme glacées, tel que ce silence qui s'empare de l'atmosphère.
Elle empoigne mes hanches. Je me retournes. Désormais face à face, elle glisse sa bouche dans le creux de mon cou, y dépose un baiser. Elle parcoure mon torse de ses mains, ses doigts qui courent comme ce désir qui m'envahit.
Elle avance son visage. Nos lèvres qui se touchent presque.
Elle murmure :
-Décidément t'as encore tout gâché...Elle se redresse brusquement, et s'en va, me laissant là. N'ayant plus que ce silence pour seul compagnie.
Je reste interdit.
Cette scène qui ne cesse de se rejouer sur le plancher de mes pensées.
Toutes ces questions qui se bousculent, tels ces grains de sables qui se battent contre ce vent si violent. Insaisissable.
Quelques minutes plus tard, je peux voir ces trois têtes si familières émerger des dunes et s'avancer vers moi.
Florian, portant Mélina.
Elle, riant aux éclats.
Arrivé à ma hauteur, Raphaël me lance :
-Pourquoi t'es pas venu te baigner ? Elle est super bonne et on a bien rigolé.Je hausse les épaules.
-Pas très envie...-Oh ! Tu nous couverais pas une dépression là ?! S'écrie Florian.
-Nan, c'est seulement que je suis un peu fatigué...-Avec la soirée que tu nous a fait passé t'as sûrement l'droit !-Ouais. Tu nous a régalé, et puis t'as entendu Laurent, il te reprend la semaine prochaine ! Notre petit Aleksander, le futur DJ star ! Haha, tu nous oublieras pas hein ?!-Et tu m'as promis une maison à Hawaï quand on avait 7 ans !La remarque réussit à m'arracher un sourire. Les rires éclatent, redonnant à cette ambiance glaciale un petit peu de chaleur.
Seul Mélina, reste silencieuse, à demi-étendue sur Florian, jouant avec sa main.
Elle me fixe sans ciller, me lançant un regard des plus froids.
Décidant de ne pas prêter plus attention à elle, je me joins aux rires qui animent la conversation.
Point de vue de Florian :Je fais mine de ne pas remarquer ses doigts qui s'entremêlent aux miens. J'ignore son c½ur que je sens battre contre le mien. Je suis loin. Loin de tout. En compagnie de mes désirs, au palier des plaisirs. Je referme ma main sur la sienne, caresse de mes doigts sa douce peau nette. Elle me rend la pareille, tous mes sens qui s'éveillent...
-Flo !-Hum... ?-Tu l'as pris la tente ?!-Quoi ?! Sueur froide.-Nan... Ne dis pas que t'as oublié...Je saisis ma tête à deux mains.
-J'ai y complètement pas pensé ! T'aurais dut me le rappeler !Me rendant compte de mon manque de maturité, je m'excuse.
-J'suis vraiment désolé ! J'ai complètement zappé...-T'abuses là ! On fait 1 heure de car pour venir jusqu'ici, et toi, t'as oublié la tente ?!Aleksander s'esclaffe.
-Tu trouves ça marrant toi ?!-Heureusement que j'ai apporté la mienne...-Hallelujah ! Oublie la maison à Hawaï, là, t'as carrément assuré !Quelques rires.
-Héhé ! Attends t'affoles pas, ma tente c'est une deux places...Les rires s'éteignent aussi brusquement qu'ils ont commencé.
-Aïe...-Bon, ce qui veut dire, deux qui dorment à l'intérieur et les deux autres à la belle étoile...-Moi ça me dérange pas de dormir dehors... Je dis d'un air détaché, histoire de me faire pardonner...
-Bon, étant donné que c'est ta tente, et par soucis de galanterie, tu dors avec Mélina.-Nan, c'est bon vas-y ! S'écrie précipitamment Aleksander.
Un peu d'air frais me fera le plus grand bien...-Non, j'veux pas subir les ronflements de Raph moi...-Oh t'exagère! Je ronfle pas si...-Alex dort avec moi. Le coupe sèchement Mélina.
Point de vue d'Aleksander :Sa dernière phrase me fait l'effet d'une douche froide. Incompréhension...
La tente finalement monté, je pénètre à l'intérieur et constate, à mon grand désarrois, l'étroitesse de l'endroit. Pas plus d'espace qu'un lit 1 place, et encore...
Dehors, l'odeur des chamalows grillés me chatouille les narines.
Raphaël s'était chargé d'allumer un petit feu de camp.
-Alors toi par contre, quand il s'agit de ton bide, t'oublie rien !-Héhé ! A vrai dire, c'est plutôt mon cerveau qui fait que j'oublie rien. Mais bon... Quand il est plus irrigué par l'alcool que par le sang, je comprends tes difficultés... Rétorque Raphaël, un grand sourire collé aux lèvres.
Je ne peux m'empêcher de rire.
-Haha ! Coup bas... Mais bon... Raphaël, c'est toi qui parles... ?Les deux jeunes bruns s'observent quelques instants et s'élancent soudainement vers moi.
-Haha ! Allez arrêtez les gars, c'était pour rigoler...Je me sens transporté jusqu'à la rive. Un léger vol plané, et c'est dans l'eau glaciale que je finis par m'écraser.
-Alors, t'as fini par la goûter cette eau !Les deux amis rient à s'en tenir les hanches, lorsque je ressors, trempé de la tête aux pieds.
-Haha... Semblants de rires. Et maintenant comment j'fais pour dormir ?! Je réponds froidement.
-Bah... T'auras qu'à demander à Mélina de te réchauffer...! Me lance Raphaël, une lueur, on ne peut plus sadique, animant ses yeux..
Les rires reprennent.
Je continue à m'avancer vers la tente, et saisit ma serviette étendue par terre.
Je me sèche quelque peu. Et pénètre dans la petite tente.
Il devait être un peu plus de 2h du matin lorsque j'étais allongé dans la tente, n'ayant plus qu'un short de bain en guise d'habit, étroitement collé à elle.
Nous étions tous deux étendu sur le dos, le regard comme captivé par la toile de tente.
Mélina, qui ne m'avait jusqu'alors plus parlé, commence :
-Tu sais quoi ?-Quoi ?-L'autre soir, avec ce gars...-Ouais...Elle se redresse et m'observe calmement.
-C'était plus que bon.